EGLISE Notre Dame de l’Assomption

Sous le vocable de Notre Dame de l’Assomption, elle dépendait autrfois de l’abbaye de Charroux qui en nommait les titulaires. La cure était d’ailleurs dans l’ancien archiprêtré de Thiviers et en 1357, Pierre d’Estrade ou Lestrade en était le chapelain.

Extérieur

dans son allure générale, cette église offre peu d’éléments, romans ou gothiques qui puissent attirer l’attention. Elle est bâtie sur le flanc d’une colline, ce qui amène une bonne dénivellation d’environ 1.50 mètre du chevet vers la façade. La façade occidentale, s’élevant au dessus d’un escalier double, onze marches à droite et seulement huit à gauche, ne comporte pas de pignon, elle se termine par un toit en bâtière.

Les pierres ayant servi à la construction de cette église sont de schiste plus ou moins ferreux, commun dans la région, de granit rose dont on dit qu’il proviendrait de Chalard ou de Corrèze presque voisine ainsi que de quartz aux nuances variées.

Le plan de l’église est en croix latine, avec un transept peu saillant et un chevet plat. A la croisée, se dresse un clocher octogonal, avec sa flèche qui doit être d’origine limousine, tels ceux de Jumilhac le grand ou Ladignac le Long. Les premières cloches, d’après Exploration campanaire de J.Berthelé et H.Brugière dateraient de 1607 et 1614. L’inventaire de 1906 donne 3 cloches une de 940 kg, une de 515 kg et une troisième de 350 kg, qui furent installées en 1891. Le long flanc sud comporte une fenêtre ouverte récente (XVII ou XIX siècle) et la trace d’une autre, rectangulaire et obturée. Juste avant le transept sud se trouve un contrefort d’allure ancienne, en partie noyé dans le mur du transept: témoin d’un état plus ancien. Le transept peu saillant avec une fenêtre qui est la seule comportant un remplage gothique. L’abside est solidement étayée par deux contreforts récents. Notons une petite fenêtre chanfreinée et une autre plus grande. Une petite ouverture bien appareillée se trouve presque au niveau du sol, sous le chœur. A l’examen, elle semble donner accès à un grand espace qui s’étendrait sous le chœur. Aucun texte ne parlant de l’éventuelle existence d’une crypte ici, il faut plutôt penser à un vide sanitaire, destiné à drainer l’eau qui n’est pas rare ici. Nous trouverons le même ouverture sous la sacristie attenante. Plus nettement du côté sud que du côté nord, le chevet garde la trace d’une surélévation des murs, sans doute lorsqu’on eut remonté les voutes du chœur. Le pignon du chevet laisse apparaître, à la lumière du matin, les traces de son relèvement par 2 fois au moins. Ce pignon garde la trace d’une ouverture que l’on ne retrouvera pas à l’intérieur. , soutenant le chevet.Poursuivant notre découverte, nous voici parvenus au flanc nord, après avoir noté un contrefort plat soutenant le chevet. Ce côté garde, plus que l’autre, les traces de nombreuses modifications apportées à l’église, portes ou fenêtres obturées. Le transept nord abrite la tour d’escalier que l’on devine aux étroites fenêtres qui l’éclairent. Notre tour extérieur se termine par le retour sur la façade. Empruntant l’escalier gauche, nous trouvons une dalle funéraire, qui serait celle d’un évêque, c’est pour cela que cet escalier est emprunté lors des enterrements, l’escalier droit étant réservé aux mariages.

Intérieur.

La nef:

franchissons la porte et entrons dans l’église. Deux éléments nous frappent: une nef unique, large et harmonieuse, telle une halle, et le mur du sanctuaire. La nef aboutit à la croisée du transept qui ferme presque l’espace, suivi du sanctuaire qui s’élargit de nouveau, aboutissant au chevet plat, découvert à l’extérieur. Détaillons: la nef est couverte d’un plafond plat, en bois, qui vient couper l’arc du transept. Cela semble avoir été le parti architectural d’origine dans cette église. A droite et au revers de la façade prend naissance l’escalier de bois qui mène à la tribune, construite en 1843. A gauche, un bénitier, sans doute creusé dans un ancien chapiteau; puis, dans une vaste niche, se trouve une grande cuve en granit gris, sans doute le baptistère; une inscription porte les initiales M S D B et la date de 1602. A la base des colonnes en bois qui soutiennent la tribune, on voit deux autres bénitiers: celui de droite, de forme hexagonale, celui de gauche creusé dans un petit chapiteau gothique ou peut être roman. Toujours à gauche, près du transept nord, une chaire à prêcher peu ancienne. Coté sud, un confessionnal pas plus ancien. Dans une des fenêtres obturées, un crucifix, en bois peint en blanc. Le Christ y est fixé par quatre clous (inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 2015). Tout proche, et assez rare, le mémorial de la guerre 1914-1918: douze portraits photographiques, et les noms d’une partie des victimes peints sur une plaque de porcelaine, encadrée de bois (inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 2015). les noms des victimes sont moins nombreuses que celles du monument aux morts; peut être sont ce ceux des victimes baptisées, ou bien leur famille aurait payé pour leur inscription.

Le transept et la croisée:

Comme nous l’avons vu plus haut, les piliers de la croisée sont très saillants. Piliers ou mur, la question se pose, on serait plutôt tenté de parler de mur, dans l’état actuel du bâtiment. Le transept semble un élément indépendant du reste, construit d’une seule pièce, auquel on aurait raccroché le reste de l’église postérieurement. Cela pourrait accréditer l’idée que seul le transept soit d’origine tandis que la nef et le chœur auraient été profondément remaniés par la suite à l’occasion des multiples transformations qu’a connu cette église au long de son existence. Les deux bras du transept sont voutés, en berceau brisé, mais les voutes semblent relativement récentes, sans doute du XVIIème siècle époque où l’on constate une sérieuse reprise en main. Alors que l’on attendrait une coupole en cet endroit, la croisée n’est couverte que par une croisée d’ogives dont les nervures retombent sur des masques à figures humaines. Bien des églises de la région comportent de telles coupoles, ne serait-ce qu’à Jumilhac le grand. Il faut remarquer en haut du mur du transept sud, du côté de la nef, une sculpture en forme de tête double, semblant figurer deux âges de la vie, la jeunesse et la vieillesse.

Le Sanctuaire:

Le chœur est couvert lui aussi d’une voute en berceau brisé, dont nous avons vu plus haut qu’elle a été remontée au XIXème siècle lors des restaurations urgentes nécessitées par l’état alarmant de ce chœur. De forme rectangulaire, la longueur du chœur pourrait faire penser par sa profondeur, à la présence ici d’une communauté monastique, la paroisse ayant dépendu longtemps de l’abbaye de Charroux en Poitou. Les murs, à ce que laisse voir l’ébrasement des fenêtres, semble ici plus épais que dans la nef qui pourtant mesurent déjà un bon mètre.

C’est le mur du chevet qui, inévitablement attirera l’attention du visiteur: dans la maçonnerie se dessine un important arc, aujourd’hui obturé, en plein cintre, aux claveaux en partie réguliers, renforcé par un arc de décharge. Abside ou fenêtre? la question peut se poser. dans le cas où cela aurait été une fenêtre, celle-ci aurait été considérable; dans le cas d’une abside disparue, il aurait fallu imaginer un tel bouleversement dans l’architecture que cela aurait frisé l’invraisemblable, les traces de cette ouverture n’atteignent pas le niveau actuel du sol du chœur. La solution de ce problème n’était pourtant pas très loin de là: dans l’église de la commune voisine, Bussière-galant, dont le chevet comporte une très importante fenêtre, largement ébrasée, toujours ouverte, assez bien semblable à ce qui reste visible à St Priest. Mais les restaurations successives ont masqué l’existence à l’extérieur de cette fenêtre. Poursuivant cette visite, une niche se dessine, toujours dans le mur du chevet. Comblée, son décor évoque le XVème ou le XVIème siècle.

Le mur nord du chœur laisse voir la porte de la tour qui mène aux combles, dont l’arc en accolade le situe assez bien au XVIème siècle. Cette porte est surmontée d’une ouverture murée. Empruntant l’escalier à vis, le curieux intrépide va se trouver devant un petit mystère: il va parvenir à un palier et se trouver, non devant une ancienne fenêtre, mais bien une ancienne porte, qui donne aujourd’hui sur le vide! La seule explication qui peut se trouver, c’est que la chaire à prêcher se trouvait en cet endroit dans le chœur, accrochée au mur et que pour y parvenir le prédicateur empruntait cet escalier.

Les trois autels

En 1688, le visiteur canonique ne signalait que deux autels décorés sur les quatre existants, avec le projet de poursuivre la décoration des autres. Chacun peut constater qu’aujourd’hui il n’y a que trois autels comportant un important programme de sculptures: le maître autel et ceux des transepts sud et nord, dédiés respectivement à saint Roch et à la Vierge. Malgré les diverses restaurations, il n’est pas trop difficile d’estimer que les deux plus anciens autels sont ceux de la Vierge et de saint Roch, tandis que le maître autel, qui tranche par son style, semble être postérieur. C’est à n’en pas douter l’un des principaux intérêts de cette église et la justification d’une visite qui ne décevra pas. la qualité du travail du bois donne à penser que ce furent les seigneurs du lieu, qui firent exécuter ces œuvres, sans doute à l’extérieur. Ces autels ont été classés aux monuments historiques le 18 février 1953. Attaqués par des insectes xylophages, ils ont été traités et nettoyés en 2015.

L’autel et le retable de saint Roch.

Situé dans le transept sud, c’est un vaste décor, bien dans l’esprit de la fin du XVIIème siècle, avec ses deux grandes colonnes torses, treilles exubérantes chargées de généreuses grappes, où montent et descendent angelots et oiseaux. Entre les colonnes, un cadre orné de fleurs, marguerites, tournesols, vide, à l’exception d’une statue de saint Roch un peu perdue dans un espace sans doute destiné à recevoir quelque peinture jamais venue. A l’extérieur des colonnes, on voit deux guirlandes, descendant d’une tête d’ange, composée de fleurs et se terminant par un cordon à pompon. Tout ce retable est couronné par un fronton à deux volutes qui soutiennent un écu aux armes des Béron d’Oche, surmonté d’une couronne de fantaisie, évoquant une couronne comtale. La statue de saint Roch de style populaire, en bois polychrome, est du XVIIème ou du début du XVIIIème siècle. Endommagée par des insectes xylophages, elle a été restaurée en 2015.

L’autel et le retable de la Vierge.

Transept nord, le retable de l’autel de la Vierge fait le pendant de celui de saint Roch. Le remontage est plus apparent ici. les deux colonnes torses sont quelque peu différentes de celles de l’autre retable dans la mesure où, figurant aussi des treilles chargées de grappes et d’oiseaux, elles n’ont plus d’angelots, mais des serpents se lovant à sa base. A part quelques différences évidentes, tel le fronton et une plus grande sobriété, c’est le même esprit qui a présidé à l’élaboration de ce retable. Un écu aux armes des Ribeyreyx surmonte la Vierge en bois doré, qui porte encore l’enfant Jésus dans les bras, ce qui permettrait de la dater de la fin du XVIIème siècle. Cette statue est classée aux monuments historiques, et a été restaurée en 2015. A la révolution, elle a été jetée comme le reste du mobilier et des livres au feu, elle fut sauvée par la famille de Curmon qui la rendirent à la commune au 20ème siècle.

La maître autel.

C’est lui que l’on voit dès l’entrée. Comme les deux autres, le bois de l’ensemble est sombre, sans doute le fruit d’un remontage et revernissage au XIXème siècle. L’allure générale est inhabituelle et pourrait même faire penser qu’il est incomplet. Quoiqu’il en soit, le dessus de l’autel ou retable est surmonté d’un fronton. Les quatre évangélistes sont représentés debout, de part et d’autre du tabernacle, de gauche à droite Mathieu et son ange (ou homme), Luc en compagnie de son bœuf, Marc et son lion et Jean avec son aigle. Sous la table, le devant de l’autel est orné d’une représentation de la Cène. Autour d’une table ornée d’une nappe dont les franges descendent jusqu’au bas de la sculpture, le Christ préside au milieu des douze apôtres. Judas se reconnaît aisément: il tourne le dos au Christ et manipule une bourse. L’artiste a interprété la Cène avec quelque peu de malice, représentant le Prince des Apôtres endormi, par exemple. Cette scène est encadrée de part et d’autre par une double volute, d’une rare complication, baroque dirait-on, avec angelots, feuillages, tournesols et roses en abondance. Peut être cette sculpture était-elle à l’origine dorée, car nous pouvons apercevoir sous le bois peint des traces dorées.

Pour terminer, remarquons que ces autels sont les témoins de riches dotations des seigneurs de Ribeyreix et de Béron d’Oche. L’inventaire de 1688 donnant un état assez peu flatteur de l’église et de son décor, on peut penser que ces autels, spécialement le maître-autel, sont postérieurs à la date de la visite canonique.

Les cloches.

Le clocher abrite 3 cloches. La plus petite qui ne sonne plus porte cette inscription en capitales romaines: SANCTA PREIECTE ORA PRO NOBIS 106L.Cette date est inexacte le 0 et le 6 ont intervertis (cette cloche est indiquée comme étant de la fin du XVème siècle dans le bulletin de la société archéologique de la Corrèze.

Remarquons ensuite qu’au XVIIème siècle, il était assez fréquent d’employer des lettres pour figurer des chiffres. Ainsi le I représente-t-il le 1 et le L laisse deviner un 4. L’inscription M.S.L.B. (160Z) gravée sur les fonts baptismaux en fournit un exemple. Le Z remplace le 2.

Des deux autres qui sonnent encore nous trouvons la grosse, fondue en 1641 et baptisée Marie-Thérèse. Elle porte en bas-relief: SANCTE PRECEDE ORA PRO NOBIS M PIERRE RIBEYROL CURE PIERRE DE RIBEYREYS ESR DE RIBEYRES ET AVTRES PLACES PARIN FRANCOIZE DE BRIE DALLE DE COVRBAFFY MARINE 1641. Après chaque mot figure une petite croix. Les fondeurs étaient Pierre Charpentier et Pierre Lalay. Saint Priest est ici traduit “sanctus Precetus”. ESR signifie escuyer ou escuyer sieur de….Le mot “Dalle” veut dire damoiselle. Elle a été fendue et refondue dans les ateliers de m.g. Bollée, à Orléans en 1894, pesant 940 kg et sonnant le mi, elle porte en inscription “MARRAINE MARIE-THERESE GAY PARRAIN SIMEON CURMOND CURE HENRI DUVERGT, MAIRE DR SIREYJOL,  ADJOINT ROMAIN JOYET. La battant de cette cloche a été changé en 2016, l’ancien ayant une usure de l’œillet de fixation qui n’aurait duré que 10 ans avant de traverser la voute.

La deuxième, refondue également en 1894 est baptisée Marianne Catherine. Pesant 515 kg, elle sonne le sol dièse et porte en inscription: “MARRAINE MARIANNE SIREYJOL NEE DUVOISIN PARRAIN PIERRE TUBY CURE HENRI DUVERGT, MAIRE DR SIREYJOL CATHERINE CELINE GAY NEE ROUSSEAU DE RIBEYREIX, PRINCIPALE DONATRICE”.

 

En sortant de l’église sur la droite, insérée dans le muret du jardin, on peut apercevoir une pierre cavalière, qui servait à ces dames pour monter à cheval.